mercredi 13 décembre 2017


Coups de rabot dans la prévention !                                 

Les discussions sur les Conventions d’objectifs et de gestion (COG) Accidents du travail et maladies professionnelles (ATMP) ne sont pas terminées. Or, nous apprenons que Bercy demanderait dans une note une réduction de ce budget de 15% (sur le fonctionnement) et 10% (sur les effectifs) qui impacterait l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et les services de prévention des Caisses d’assurances retraite et de la santé au travail (Carsat).
Il va de soi que cette politique d’austérité, si elle était confirmée, remettrait complètement en cause le Plan Santé Travail 3 (PST3) que le ministère du travail prétend défendre.
De surcroît, cette démarche de réduction budgétaire est sans fondement : la branche est excédentaire depuis 4 années de suite avec un solde net de 762 millions d’euros.
Cette réduction budgétaire porte également une autre contradiction : 3 millions de travailleur.seuse.s indépendant.e.s (relevant du Régime social des indépendants) vont rejoindre la caisse. Et, les effectifs seront d’autant plus nécessaires.
La CGT a demandé un moratoire budgétaire. Les coups de rabot sans discernement sont porteurs de désespérance pour les équipes mobilisées au service de la prévention : les Carsat, l’INRS, Eurogip ainsi que l’ensemble de la communauté de la Sécurité Sociale.
Leur travail bien fait a évidemment du sens pour eux mais, également, pour l’ensemble du monde du travail.
Un rapport explosif pour dynamiter le SMIC !
12 Décembre 2017 , Rédigé par cgtbezons
La situation sociale et économique du pays montre l’urgence à augmenter les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite. La CGT propose la revalorisation immédiate du SMIC à 1 800 euros brut ainsi qu’une véritable dynamique salariale reconnaissant les qualifications et l’expérience professionnelle.
Depuis plusieurs décennies, nous sommes confrontés à une augmentation de la pauvreté, une aggravation des inégalités sociales et une dévalorisation du travail.
Alors que le pays regorge de richesses créées par le travail, ces richesses n’ont jamais été aussi mal réparties. Les résultats des grands groupes du CAC 40 sont faramineux : 75 milliards de bénéfices en 2016, 52 milliards pour le 6 premiers mois de 2017. Les dividendes versés aux actionnaires explosent et dépassent les 40 milliards d'euros en 2017, la France détient d'ailleurs le record européen.
Le groupe d’experts sur le SMIC, encore une fois, préconise de ne pas accorder de « coup de pouce » au SMIC et, cette année, de stopper sa revalorisation automatique. Concrètement, ces experts « hors-sol » demandent de geler le niveau du SMIC sur plusieurs années mais, aussi, les salaires, les minima sociaux.
Dynamiter le SMIC est une atteinte grave et dangereuse contre des millions de travailleurs dans le pays, qu’ils soient payés au SMIC ou pas, du privé ou du public, quel que soit leur type de contrat. De plus, le groupe d’experts ouvre la piste d’un SMIC différent par territoire voire même « suggère » de réintroduire le SMIC jeune en lien avec la réforme de l’apprentissage.
Pour vivre dignement, il faut au contraire une augmentation générales des salaires.
La suppression des CHSCT, inscrite dans les ordonnances Macron, a incité élus, syndicalistes et acteurs de la santé au travail à se réunir le 4 décembre, à Paris, pour témoigner et envisager les voies de résistance.
Quel avenir pour la santé au travail sans le CHSCT ? La question a mobilisé une « assemblée nationale pour les CHSCT », réunie le 4 décembre à Paris. Les ordonnances Macron et la disparition programmée de cette instance dans les entreprises privées, quels que soient les effectifs, ont été fermement dénoncées.
Le comité social et économique (CSE), qui fusionne délégués du personnel, comité d’entreprise et CHSCT, « sera dominé par les questions économiques au détriment des questions de santé », s’alarme un intervenant. « Faute d’un ordre du jour spécifique sur les questions relevant du CHSCT, notre délégation unique du personnel élargie fait l’impasse sur la prévention et les risques professionnels », confirme un élu d’une DUP, instance unique prévue par la loi Rebsamen de 2015 pour les seules entreprises de moins de 300 salariés. Même le maintien d’une commission santé distincte au sein du CSE dans les grosses entreprises ou celles réputées à risque ne rassure pas. Pas de personnalité juridique. Moins d’élus, moins d’heures de délégation et de possibilités d’expertise… « Le CSE, ce sera le bazar. Il va falloir lutter. Les salariés vont morfler ! », s’indigne un militant cégétiste de la chimie.
Pompiers plutôt que préventeurs

mardi 28 novembre 2017

violences envers les femmes

Deux manques essentiels : les moyens et le travail

                                
Emmanuel Macron a dévoilé samedi 25 novembre son plan pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Faute de moyens humains comme financiers et de mesures sur le travail, ce plan n’est pas à la hauteur des aspirations exprimées ces dernières semaines. La CGT appelle Emmanuel Macron à le compléter au plus vite par des mesures contre les violences sexistes et sexuelles au travail et par un budget dédié.
Grâce à la mobilisation des femmes, le Président de la République a prononcé des mots très forts sur la fin des violences sexuelles. Il a annoncé quelques mesures positives mais non financées, notamment l’effort de formation, la prise en charge des frais médico-psychologiques des victimes et l’allongement des délais de prescription pour les violences commises sur des mineur.es.
Pas d’argent pour les droits des femmes
Sans moyens humains et financiers, ces mesures se résumeront à de la communication. L’Espagne a budgété 1 milliards d’euros sur 5 ans. Alors que dans le budget 2018, le gouvernement français baisse de 3,5 milliards d’euros l’impôt des 3000 foyers les plus riches, aucune enveloppe financière supplémentaire n’est prévue pour protéger les millions de femmes victimes de violence. Comment parler d’une grande cause nationale quand la priorité budgétaire n’est pas au rendez-vous ?
Pas de mesure contre les violences au travail
Le plan annoncé par Emmanuel Macron ne contient aucune disposition pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail. Pire, dans ses ordonnances Travail, le gouvernement supprime les CHSCT et précarise davantage les salarié.e.s, les rendant par là-même plus vulnérables face aux violences. Pourtant, 25% des agressions sexuelles ont lieu au travail. Suite à l’interpellation de la CGT, Emmanuel Macron a annoncé une concertation sur les violences au travail, présidée par le Premier ministre. La CGT y présentera à nouveau ses propositions, en exigeant notamment qu’un volet de la loi sur les violences sexuelles annoncée pour début 2018 soit consacré à la protection des travailleuses, que les violences soient commises sur le lieu de travail ou dans une autre sphère.
Silence sur la norme OIT
Grâce à la bataille des syndicats rassemblés au niveau mondial dans la Confédération Syndicale Internationale, l’ordre du jour de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en juin 2018 portera sur l’adoption d’une norme sur les violences et le harcèlement. Son contenu et sa portée dépendront du positionnement des États, et singulièrement de la France. Le Président de la République indiqué que la France interviendrait sur la question des violences sexistes et sexuelles au niveau international mais n’a pas dit un mot sur la norme OIT. Pourtant, la CGT, la CFDT, FO et la CFTC se sont inquiétées dans un courrier commun du projet de position de la France, qui refuse d’appréhender spécifiquement les violences fondées sur le genre.

La lutte contre les violences sexistes et sexuelles ne peut se limiter à une opération de communication. La CGT exige que les annonces d’Emmanuel Macron soient complétées au plus vite par des moyens humains et financiers et par des mesures contre les violences au travail.
Fonctionnaires : jour de carence rétabli


L’Assemblée nationale a voté lundi 20 novembre le rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires, dans le cadre du budget 2018. Dès janvier, les arrêts maladie ne seront remboursés qu’à partir du deuxième jour.

Comme d’habitude, les belles déclarations d’intentions ne manquent pas, pour justifier une crasse faite à l’une ou l’autre catégorie de travailleurs. Il y a déjà la justification passe-partout de la nécessité de faire des économies : la suppression de la journée de carence aurait coûté 170 millions au budget de l’État. Ensuite, toujours selon le ministre du Budget Gérald Darmanin, ce serait une mesure « d’équité entre le public et le privé », les salariés du privé étant soumis à trois jours de carence avant de toucher leurs indemnités. Sauf qu’en réalité, expliquait en 2015 un certain Macron, « la situation n’est pas aussi injuste » que cela pour les salariés du privé, « les deux tiers d’entre eux étant couverts par des conventions collectives qui prennent ces jours en charge ».

Mais, surtout, le gouvernement cherche à flatter les préjugés de son public de petits bourgeois nantis, pour qui les travailleurs sont tous des fainéants, les fonctionnaires étant les pires parmi eux ! Cela lui fournit aussi une occasion d’opposer deux catégories de travailleurs, en laissant entendre que les fonctionnaires vivent sur le dos de la Sécurité sociale en multipliant les arrêts de travail, puisque cela ne leur coûte rien. Sarkozy avait développé la même démagogie lorsqu’il avait introduit en 2012 le jour de carence, avant que celui-ci ne soit supprimé deux ans plus tard par le gouvernement Hollande. Le Premier ministre Philippe se revendique, lui, de Sarkozy quand il a déclaré en octobre que ce jour « avait produit de remarquables résultats pour lutter contre l’absentéisme ».

Toutes ces prétendues justifications ne reposent sur rien, elles ne sont que du vent. Une étude avait conclu qu’entre 2012 et 2014, les arrêts d’une journée avaient effectivement baissé d’environ 40 % dans la fonction publique, mais qu’en revanche le nombre d’arrêts maladie de quinze jours avait, lui, grimpé de 35 % ! Comme quoi le mépris affiché envers les fonctionnaires a son revers de la médaille.


                                       Marianne LAMIRAL

mercredi 22 novembre 2017

                                    Violences sexistes et sexuelles
La CGT exige des mesures pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail
mercredi 22 novembre 2017
A l’occasion d’une conférence sur les violences sexistes et sexuelles rassemblant 200 militant.es, en présence notamment de Bernard Thibault (représentant des salarié.es français.es au CA de l’OIT), Sharan Burrow (secrétaire générale de la Confédération Syndicale Internationale) et Ernestine Ronai (présidente de l’observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis), la CGT a présenté ses propositions pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail. La CGT demande l’ouverture de négociations dans les branches, les entreprises et les administrations pour mettre en place de vraies mesures de prévention des violences et de protection des victimes. La CGT appelle le gouvernement à intégrer un volet sur les violences au travail dans le projet de loi sur les violences sexuelles. La CGT appelle les salarié.es à participer aux actions organisées le 25 novembre, journée mondiale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Adopter une convention internationale contre les violences sexistes et sexuelles
La Confédération Syndicale Internationale (dont est membre la CGT) a gagné l’inscription à l’ordre du jour de l’Organisation Internationale du Travail en juin 2018 d’une norme contre les violences et le harcèlement au travail. Le gouvernement français a pour l’instant pris une position à minima, en refusant de reconnaître les violences spécifiques auxquelles les femmes sont confrontées. L’ensemble des syndicats français affiliés à la CSI (CGT, CFDT, CFTC, FO) ont interpellé le premier ministre, estimant que « refuser d’identifier spécifiquement les violences fondées sur le genre constituerait un changement de position très regrettable. Ce recul serait d’ailleurs bien incompréhensible à l’heure où le Président de la République a chargé le gouvernement de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une grande cause nationale et a annoncé une nouvelle loi sur les violences sexuelles. »
Intégrer les violences au travail dans la loi annoncée contre les violences sexistes et sexuelles
La CGT se félicite de l’annonce par le président de la République d’une loi contre les violences sexistes et sexuelles. Cependant, aucune mesure contre les violences au travail n’y est prévue. Aucun moyen humain ni financier n’est budgété. Pire, les ordonnances Travail suppriment les outils de prévention et d’alerte (les CHSCT et DP) et fragilisent les protections contre le licenciement.
5 mesures doivent être intégrées dans la loi :