mercredi 12 juillet 2017

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      Compte pénibilité

      La prévention sacrifiée, le patronat déresponsabilisé

      C’est par courrier du Premier ministre, daté de ce samedi 08 juillet 2017, que nous apprenons les axes de réforme retenus par le gouvernement pour simplifier le compte personnel de prévention pénibilité.
      Décidément, les équipes gouvernementales, les ministres changent mais les méthodes restent !
      Encore une fois, aucune discussion sur le sujet n’a eu lieu comme ce fut déjà le cas pour l’instauration du dispositif précédent.
      Pour la CGT, l’enjeu d’une juste prévention et compensation de la pénibilité du travail est un des déterminants pour lutter contre la progression des inégalités sociales et de santé.
      Au lieu de cela, Édouard Philippe propose une solution qui ravit le Medef : le compte par points continue à s’appliquer pour six facteurs (les activités en milieu hyperbare, le travail de nuit, le travail répétitif, le travail en équipes successives alternantes, le bruit et les températures extrêmes)
      Quant aux facteurs restants, la manutention manuelle de charges, des postures pénibles, des vibrations mécaniques, des risques chimiques, ils sont sortis du dispositif. Il faudra un taux d’incapacité permanente de plus de 10% pour pouvoir bénéficier d’une retraite anticipée.
      Concrètement, le gouvernement fait sortir du dispositif des milliers de travailleuses et de travailleurs, notamment ceux de l’industrie de la chimie et de la construction.
      Autre élément du scandale : Les cotisations patronales actuelles seront supprimées à partir de 2018 et le nouveau compte sera financé par la seule branche accidents du travail/maladies professionnelles (ATMP). Alors même que se pose la question de l’utilisation des excédents de cette branche ATMP afin de pouvoir mener une véritable politique de prévention de la désinsertion professionnelle.
      En clair, on déresponsabilise le patronat sur le fléau des maladies professionnelles. On assiste là à un retournement du principe de compensation, car il faudra déjà être malade et prouver une incapacité permanente de 10%, a minima, pour pouvoir enfin bénéficier d’une retraite prise plus tôt mais pas en bonne santé.
      La suppression de la cotisation spécifique fait disparaitre toute incitation financière à la prévention. La CGT porte des propositions simples, transférables tout au long de la vie professionnelle ; elles passent par la reconnaissance collective de la pénibilité par métiers au niveau de la branche, la mise en place de congés de fin d’activité à l’instar de celui qui vient d’être négocié dans la branche du transport routier, …
      La nécessite de l’action et la participation de toutes et tous le 12 septembre est plus que jamais posée.
                        Par-delà le cafouillage, des choix toujours favorables aux riches
    mercredi 12 juillet 2017 , par Elisabeth Royer
    Après plusieurs jours de cacophonie, le Premier ministre a donné des précisions sur la baisse des impôts de 11 milliards d’euros. Il y en aura beaucoup pour les riches.
    Au départ, le gouvernement voulait réduire les impôts de 20 milliards sur l’ensemble du quinquennat. Finalement, pour rassurer les riches et notamment les financiers, il concentre plus de la moitié de cette baisse sur l’année 2018.
    En contrepartie, il annonce au moins 20 milliards d’économies de dépenses publiques, notamment sur la masse salariale de l’État. La couleur est déjà annoncée : le non-remplacement des départs à la retraite, le gel du point d’indice, la réinstauration du jour de carence et la hausse de la CSG pour les actifs comme pour les retraités…
    Le paquet sera complété par de nouvelles privatisations, par la vente de 10 milliards du patrimoine national, d’actifs de l’État.
    Le choix en faveur des riches et financiers est sans appel. Les actifs financiers seront exclus de l’impôt sur la fortune (ISF). Celui-ci sera transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Un taux unique, forfaitaire, de 30 % sera instauré sur les revenus du capital. Cela représente un cadeau de 1,5 milliard d’euros, autant de manque à gagner pour le budget de l’État. Ce sont surtout les plus riches qui vont en profiter car, actuellement, dans certains cas leur taux d’imposition peut atteindre deux fois plus.
    Par ailleurs, le taux d’impôt sur les sociétés, abaissé déjà à 28 % pour les TPE et les PME, sera ramené à 25 % pour toutes les entreprises. Et le CICE sera transformé en baisse de cotisations sociales patronales.
    Quant aux autres contribuables, mise à part la première tranche de la réforme de la taxe d’habitation qui va alléger cette taxe de 3 milliards d’euros et sur laquelle il y a beaucoup à dire, le Premier ministre reste dans le flou. En revanche, il est très précis sur la hausse de la CSG de 1,7 % en contrepartie de la suppression des cotisations sociales des salariés pour l’assurance chômage et l’assurance maladie.
    Comme d’habitude, le Premier ministre néglige le fait que la suppression des postes dans la fonction publique, de même que les moindres recettes pour la Sécurité sociale, sont synonymes de la dégradation de la qualité des services rendus aux citoyens et notamment les plus démunis qui sont relativement plus usagers de services publics.
    Comme d’habitude, ces mesures sont présentées au nom de l’emploi et de l’investissement sur la base de l’idée totalement infondée que le travail coûte cher en France et que si on donne plus aux riches et aux financiers, ça ira mieux pour l’économie. Cela fait des années que nous entendons ce discours ; discours qui ne donne aucun résultat probant en termes d’emploi, d’investissement et d’activité économique. Le seul résultat est la dégradation des inégalités et l’affaiblissement du potentiel productif de notre pays.
    La CGT répète que, pour créer des emplois et renforcer le potentiel productif du pays, une révision globale de l’intervention de l’État est nécessaire. Les dépenses publiques et la fiscalité doivent favoriser l’emploi, la croissance économique et la justice sociale. Cela nécessite d’évaluer sérieusement les aides accordées aux entreprises. Cela nécessite aussi une réforme globale du système fiscal. La CGT a des propositions dans ces domaines.
    Le 12 septembre sera l’occasion de porter ces revendications avec les salariés, les privés d’emploi et les retraités.
    Montreuil, le 12 juillet 2017

    dimanche 2 juillet 2017

    Les travailleurs de Tati ont été informés mardi 26 juin de la décision du tribunal de commerce de Bobigny de choisir le repreneur Gifi. 109 des 140 magasins devraient être repris ainsi que 1 428 des 1 720 salariés de la société Agora distribution qui exploitait Tati.
    Ce qui est bien réel, c’est la récupération par Gifi de plus d’une centaine de magasins, qui viendront s’ajouter aux 539 magasins déjà sous enseigne Gifi. Le groupe va ainsi étendre son emprise commerciale de plus de 20 % en une opération, se renforcer face à ses concurrents, sans avoir à supporter les coûts d’acquisition importants qu’imposerait l’achat de nouveaux emplacements. C’est tout bénéfice.
    Pour emporter la décision du tribunal, Gifi s’est engagé à reprendre 1 428 salariés, alors qu’il y a un mois son offre ne concernait que 1 200 d’entre eux. Les travailleurs de Tati et ceux de Gifi devront veiller à ce qu’aucun d’entre eux ne se retrouve sur un poste vite classé en sureffectif, ou muté dans un magasin programmé à la revente ou à la fermeture.
    Il reste 200 à 300 travailleurs pour lesquels Gifi ne propose aucune solution, pas plus d’ailleurs qu’Eram dont Tati était la filiale. Le groupe Eram comprend 11 marques, dont Gemo, Heyraud, Texto, Mellow Yellow et bien sûr Eram. Ce sont les travailleurs de ces enseignes, Tati compris, qui ont assuré et assurent la fortune de la famille Biotteau depuis 1927. Les déficits cumulés déclarés de Tati n’ont nullement porté atteinte à la richesse de la famille, qui figure au tableau des plus grandes fortunes du pays, comme d’ailleurs la famille Ginestet propriétaire de Gifi.
    Ce n’est donc pas l’argent qui manque pour garantir à chaque travailleur son emploi et son salaire.

    Une grande dame nous quitte, nous continuons son combat

    vendredi 30 juin 2017
    C’est avec une grande tristesse que la CGT apprend le décès de Simone Veil. Elle a porté et fait voter en 1974 la loi autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Le droit de choisir et de maîtriser sa maternité est déterminant pour garantir l’indépendance économique et le droit au travail des femmes.
    Ce droit fondamental, conquis de haute lutte, est aujourd’hui, dans de nombreux pays du monde, remis en cause par les opposants au droit de choisir des femmes.
    En France, il est fragilisé par la baisse du nombre de centre IVG et la propagande mensongère des groupuscules réactionnaires.
    La CGT, aux côtés des associations féministes, appelle à une mobilisation européenne, le 28 septembre prochain (voir l’appel ci-dessous), pour gagner l’inscription du droit à l’IVG dans la charte européenne des droits fondamentaux. Elle s’associe au communiqué de presse unitaire rendant hommage à Simone Veil.
    Montreuil, le 30 juin 2017

    mardi 4 avril 2017



                                                     Argenteuil le 4 avril 2017

    Derichebourg à Argenteuil, Val Parisis, Plaine commune : des profits sur le dos des travailleurs. La seule réponse : la grève



    Depuis hier matin, les travailleurs de l’entreprise Derichebourg, dont le site est localisé à Argenteuil, dans la zone industrielle du Val d’Argenteuil, et qui effectuent au titre de cette entreprise depuis le 1er mars dernier le ramassage des ordures dans les communes du Val d’Oise qui composent le syndicat Emeraude sont en grève. Ce syndicat de ramassage des ordures concerne un certain nombre de communes des Communautés d'Agglomération du Val Parisis et de Plaine Vallée.


                    En dépit des promesses qui leur avaient été faites, les grévistes, anciens travailleurs de l’entreprise Val Horizon qui avait dans ces communes jusqu'à tout récemment le contrat de collecte des déchets, et qui ont intégré le  Groupe Derichebourg, subissent une grave dégradation de leurs conditions de travail, du harcèlement, des sanctions, voire des vexations. Ainsi les tournées ont été divisées de moitié augmentant d'autant la charge de travail, des horaires fous mis en place, des tournées pouvant ainsi se terminer au creux de la nuit, à trois heures du matin par exemple, au grand dam des habitants réveillés de la sorte. Résultat, c’est ce qu’une revenue financière spécialisée évoque de la façon suivante à propos du contrat dont a bénéficié Derichebourg : « une réorganisation totale des collectes a été proposée en optimisant l'utilisation du parc matériel en double-poste » !


                    Il n’a pas fallu longtemps aux travailleurs pour subir les nouvelles conditions désastreuses que Derichebourg veut leur imposer, et en tirer toutes les conséquences.


                    En lutte contre un groupe qui a fait des profits qui se comptent en dizaines de millions d’euros en 2015 et 2016, les grévistes ont droit à la solidarité et au soutien des autres travailleurs de la région, et des habitants des communes concernées dont les élus sont engagés moralement par cette passation de marché qui n’a tenu aucun compte des travailleurs. L’union locale CGT Argenteuil était présente hier matin et aujourd’hui aux coté des travailleurs en lutte