vendredi 10 février 2017

Charonne, on n'oublie pas

MémoirePour célébrer le 55e anniversaire de la tuerie de Charonne, la CGT et le comité Vérité et justice pour Charonne organisent un rassemblement commémoratif sur les lieux de la tragédie, suivi d’un hommage aux victimes, au cimetière du Père-Lachaise, où elles reposent.

« La pire offense que l’on puisse faire aux victimes, c’est l’oubli », cite, dès sa première page, l’ouvrage Un crime d’État, Métro Charonne, 8 février 1962. Réalisé par le comité Vérité et justice pour Charonne, l’opus collectif paraît à la veille des commémorations annuelles en mémoire des victimes.
Cette année, c'est le 55e anniversaire d’un massacre où neuf militants de la CGT et du PCF ont trouvé la mort sous les coups de matraque, les grilles d’arbres et les centaines de manifestants projetés dans la station de métro Charonne par les unités spéciales de police du préfet Papon. Neuf morts, 250 blessés graves et pour nombre de ces survivants, des séquelles lourdes, à vie.
 
Comme chaque année, la CGT, le PCF et le comité Vérité et justice pour Charonne se retrouveront au carrefour du métro Charonne pour rendre hommage aux victimes. Surtout, pour ne rien oublier : les disparus, leur courageux combat d’hier pour la paix en Algérie, contre le fascisme rampant et son bras armé, l’OAS.
 
Ne rien oublier, donc, ni la sauvagerie de la répression qui s’est abattue, ce 8 février 1962, contre des manifestants pacifistes, ni le contexte politique dans lequel un tel crime a pu être perpétré. Il sera le dernier d’une longue série d’événements tragiques commis par l’OAS dans la tentative d’instaurer un état fasciste. La veille de ce 8 février 1962, une dizaine de plasticages frappent diverses personnalités politiques et intellectuelles, dont le ministre de la Culture. André Malraux est absent de son domicile au moment où explose la bombe qui mutilera à vie une petite fille alors âgée de quatre ans, Delphine Renard, qui vivait au rez-de-chaussée de la demeure.
 
Se souvenir de Charonne, c’est aussi se remémorer le courage des milliers de manifestants qui ont bravé les interdictions de manifester pour exprimer pacifiquement leur exigence de paix et leur indignation envers les assassinats du 17 octobre 1961.
 
Car, ne pas oublier Charonne, c’est aussi rendre hommage à ces Algériens qui, ce funeste soir d’octobre, manifestaient contre un couvre-feu discriminatoire et qui furent réprimés dans le sang : jetés et noyés dans la Seine par les mêmes brigades d’interventions aux ordres du préfet Papon et du ministre de l’Intérieur, Roger Frey. Leurs corps n’ont jamais été dénombrés. Sans doute pour les mêmes raisons, la tuerie de Charonne n’a toujours pas été reconnue comme crime d’État, malgré l’engagement constant de la CGT en lien avec le comité Vérité et justice pour Charonne, afin que vérité soit faite et que justice soit rendue aux victimes de cette tuerie ainsi qu’à leurs proches. 
 




 
 
 
 
 

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