jeudi 19 mars 2015


Invité mercredi matin sur BFMTV et sur RMC, Philippe Martinez ne donne pas de consigne de vote pour dimanche prochain, pour le premier tour des élections départementales. "Ce n'est pas le rôle d'un syndicat" mais "on explique aux salariés qu'on peut faire autre chose, et il y a un parti, le Front national, qui pose problème". "On dit que la solution, ce n'est pas de désigner les étrangers comme bouc émissaire. Il y a du travail pour tout le monde dans ce pays si on change de politique". Selon le patron de la CGT, cette façon de raisonner "pose de graves problèmes dans les entreprises (...). La force d'un pays comme le nôtre, c'est de savoir accueillir des étrangers, à condition que les droits sociaux soient respectés".

La CGT demande que "les droits sociaux pour les salariés en CDI dans les entreprises françaises soient appliqués de la même façon pour les 'salariés détachés', mais aussi que les patrons paient les mêmes cotisations sociales".

"Un militant CGT candidat du FN est exclu de la CGT"

Certains militants CGT ont rejoint le FN. "Dès qu'un militant de la CGT est candidat au FN, il est exclu de la CGT", rappelle Philippe Martinez. C'est ce qui est arrivé par exemple à Martiale Huyghe, candidate FN aux départementales dans le Loiret, et ancienne représentante CGT. "Nos valeurs c'est l'antiracisme, l'internationalisme, et tous ceux qui dérogent à ces valeurs fondamentales pour notre syndicat n'ont rien à faire à la CGT".

Comment expliquer que des ouvriers, des employés soient séduits par le FN? "En période de crise, il y a des solutions de facilité qui sont de désigner tel ou tel comme responsable. Avec un gouvernement qui se dit de gauche et qui ne tient pas ses engagements, ça laisse penser qu'il n'y a aucune solution alternative à cette politique d'austérité, il y a un renoncement. Notre responsabilité c'est de dire que cette logique qui favorise la rentabilité financière n'est pas la bonne logique".

Pas de consigne de vote, mais Philippe Martinez appelle les citoyens à aller voter, et appelle à "un sursaut": "Ce qui est inquiétant aujourd'hui, c'est que le taux de participation est très faible".

"On m'a déjà traité d'Hibernatus"

Peut-on parler en France d'une politique d'austérité? "La France n'est pas la Grèce ou l'Espagne, mais on est sur la même route! Des gels de salaires pour les fonctionnaires, gels de pensions pour les retraités, il y a besoin de sortir de cette politique", plaide le patron de la CGT. Très engagé sur ce sujet, Philippe Martinez appelle aussi à limiter les dividendes versés aux actionnaires, et demande au gouvernement d'agir en ce sens: "Que ces recettes puissent aller vers l'emploi pour relancer la consommation". Une grève et des manifestations à l'appel de la CGT et d'autres syndicats sont prévus le 9 avril prochain, contre la rigueur budgétaire et pour l'augmentation des salaires.

"On m'a déjà traité d'Hibernatus", s'amuse Philippe Martinez, qui maintient lutter pour "le sens de l'Histoire et la modernité", c'est-à-dire permettre aux salariés de "travailler moins".

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