jeudi 17 septembre 2015


Lettre ouverte à Dominique Lesparre, Président d'AB-Habitat
Monsieur le Président, on ne peut pas reprocher à la C.G.T.de rester fidèle à ses valeurs, ses principes et toujours prioriser la défense de tous les personnels, des locataires et de l'Office.
Dans votre dernier tract, vous vous attaquez aux personnels et à leur syndicat C.G.T. pour tenter de justifier votre projet de privatisation. Nous sommes surpris de ce comportement car habituellement nous nous retrouvions souvent ensemble dans les luttes pour la défense du service public, du logement social,….
C’est désolant. Ce n’est un secret pour personne, nous sommes en désaccord et nous combattons le projet de transfert à la SCIC. Quand on observe le nombre et la diversité des consultations sur notre Blog, les 2000 signataires de la pétition, on voit bien que c’est de tous les territoires que notre dossier est suivi avec un très grand intérêt tant l’enjeu pour les autres OPH est évident.
Et de là à accuser la C.G.T. d'AB-Habitat de « collusion » avec le Maire d’Argenteuil !!! Juste pour que chacun mesure bien la définition du dictionnaire du mot collusion :  « Entente secrète entre deux ou plusieurs personnes pour nuire à un tiers »
Il n’y a rien de secret à ce sujet. Il se trouve que sur ce point nous avons de façon conjoncturelle un intérêt commun à agir. Alors quoi, faudrait-il nous priver de nos actions pour défendre ce que nous considérons comme bon pour l’avenir de notre organisme, des locataires et des personnels juste parce que Monsieur Mothron, certes sur des bases et des objectifs différents, engage aussi des actions contre ce projet ? Au nom de quel principe sacro saint qui dépasserait celui de notre indépendance de pensée et d’action ? Etonnant aussi cette capacité à effacer l’ardoise du temps, en oubliant allégrement que nous étions les seuls à manifester lors des Conseils Municipaux d’Argenteuil quand l’adhésion à la Métropole de Grand Paris était à l’ordre du jour. Ou encore, les luttes dures contre Monsieur Mothron pendant son précédent mandat. Lui au moins s’en souvient !
Quand Mr MOTHRON et Mr LESPARRE ont fait un « mariage de raison » en créant la CAAB, nous ne nous sommes pas permis de crier à la collusion ! De même quand ils ont assuré un temps ensemble la Présidence et la Co Présidence de l’Office. De même pour certaines augmentations de loyer, pour la démolition de Joliot-Curie qui « conjoncturellement » tombait avant celles de la Tête de Pont.

A cette période, la C.G.T. n’a pas vociféré en dénonçant une quelconque « collusion », sachant bien que, parfois, on n’a pas une réelle et totale maitrise des choix que l’on opère.  Nous nous sommes plutôt attachés, avec les associations de locataires, à engager des actions contre la flambée des loyers et à empêcher la démolition de la Cité Joliot Curie…. Ce qui fût plus efficace….
Quant à la Loi NOTRe, malheureusement cela ne fonctionne pas comme un SELF où on choisit ce que l’on met sur son plateau. Il faut tout prendre ! Jusque l’indigestion d’atteintes à la démocratie locale, au principe de libre administration, à l’asphyxie financière des communes, prélude possible à leur disparition… . Faut-il pour autant, Monsieur le Président, vous accuser là aussi de « collusion » avec le pouvoir actuel ?
Au chapitre des approximations, quand vous écrivez : « Le juge, dans son ordonnance,a très largement étayé et motivé les rejets (des recours administratifs) » alors qu’il s’est contenté (un peu trop rapidement) de dire que les délibérations du CA de l’Office (sans les juger sur le fond) n’ont plus lieu d’être puisque l’article de  la loi NOTRe à laquelle vous faites référence règle la situation.
Pour tout dire Monsieur le Président, s’il y a bien un sujet sur lequel les personnels expriment à votre égard un désarroi, de l’incompréhension et une profonde déception avec le sentiment que la confiance qu’ils vous portaient a été trahie, c’est l’amendement DOUCET. En effet, personne ne comprend que si Monsieur DOUCET a pu faire passer un tel amendement dans les conditions que chacun connaît, pourquoi n’avez-vous pas agi pour faire en sorte que cet amendement, à titre exceptionnel et dérogatoire, comporte la possibilité pour les fonctionnaires d’être employés par la SCIC ? D’autant, qu’un tel dispositif aurait assurément été accueilli avec un réel soulagement par tous les agents publics qui vous auraient voués de la reconnaissance.  
Et le mauvais climat ne tiendrait qu’à la C.G.T. de l’Office ! Soyons sérieux ! Dans tous les documents de l’Office, les passages traitant du sort des fonctionnaires sont à pleurer. Ils sont traités comme une question subsidiaire, comme un dommage collatéral obligé, nécessaire pour sauver ce qui vous est essentiel. Fi de l’angoisse de tous ces agents qui, soit ont opté pour l’abandon de leur statut et nourrissent les mêmes inquiétudes que les salariés déjà de droit privé, soit ont choisi de rester fonctionnaires avec toutes les conséquences sur leurs ressources et leur avenir professionnel. Les uns et les autres sont plongés dans une incertitude qui ronge, fatigue, tétanise. Alors faire bloc pourquoi ? Cela ressemble au crocodile qui rentre dans une maroquinerie, non ?
Monsieur le Président, ces mots, ces jugements à l’emporte pièce ne vous ressemblent pas, ne vous appartiennent pas. Il est temps de prendre un peu de recul, de faire l’effort de s’extraire de certaines postures que d’autres se sont forgés depuis belle lurette, bien avant tout cela…. Et revenir à des postulats simples et sains de constat de divergence certes, mais d’admettre réciproquement qu’il est  naturel que chacun agisse pour faire avancer ses points de vue…
A bientôt donc...

                                                                               Le bureau de la C.G.T. AB-Habitat

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